Infections urinaires

Une infection urinaire est un terme qui correspond à une infection au niveau de l’appareil urinaire ou des organes impliqués dans la production de l’urine et son évacuation hors de l’organisme. Elle est caractérisée par la concentration anormale ou la prolifération des germes, associée à une réaction inflammatoire dans une ou plusieurs parties du système urinaire.

Le système urinaire comprend des organes tels que la vessie, l’urètre, les reins. On distingue généralement trois types d’infection urinaire en fonction de la localisation de celle-ci : la cystite, l’urétrite, la pyélonéphrite. L’infection urinaire est fréquente chez l’adulte, en l’occurrence chez la femme, mais elle n’épargne pas les enfants. Généralement, elle est traitée médicalement par le biais des antibiotiques.

L’infection urinaire en fonction du sexe et de l’âge

L’infection urinaire fréquemment les femmes et les personnes âgées, mais n’épargne pas les hommes et les enfants. L’anatomie et l’état des défenses immunitaires constituent des facteurs de risque notoires.

L’infection urinaire chez la femme

Une infection urinaire n'est jamais facile à vivreLes femmes sont, particulièrement, sujettes aux infections urinaires. La fréquence des infections urinaires est donc élevée au sein de la population féminine. L’urètre étant très court et proche de l’anus, les microbes peuvent facilement atteindre la vessie et provoquer une infection urinaire, notamment la cystite (inflammation de la vessie) qui est beaucoup plus fréquente chez la femme. Aussi, la diminution des sécrétions vaginales après la ménopause, peut également favoriser des infections urinaires. Lors des rapports sexuels, le frottement du méat urinaire peut également contribuer à la pénétration des microbes, présents au niveau du vagin, dans l’urètre et la vessie.

Les cas de récidive sont également fréquents avec un risque accru chez les femmes entre 20 et 50 ans. La grossesse accroit, également, le risque d’infection urinaire. Le risque peut être élevé chez les femmes affectées par le diabète, qui ont, par ailleurs, un système immunitaire affaibli.

Infection urinaire chez les hommes

Chez l’homme, l’urètre est plus long et rend difficile la remontée des microbes, toute chose qui réduit le risque d’infection urinaire, notamment, la cystite qui est bien moins fréquente, comparée à la femme. Mais les hommes sont plus exposés à l’urétrite (inflammation de l’urètre). Généralement, le risque d’infection urinaire, est accru lorsqu’il y a un obstacle à l’écoulement de l’urine (consécutive à une hypertrophie prostatique), une mauvaise vidange vésicale provoquée par un obstacle prostatique ou une anomalie congénitale.

L’infection urinaire chez les enfants

ToilettesUne infection urinaire peut survenir à tout âge, notamment chez les nourrissons et les enfants qui, comparés aux adultes, sont moins affectés. Les bébés affectés par une malformation urinaire sont des sujets à risque. La fréquence est relativement élevée chez la fillette, mais la prédominance est masculine au cours des premiers mois de vie.

L’infection urinaire chez les personnes âgées

Les infections urinaires sont très fréquentes chez les personnes âgées, tant chez la femme que chez les hommes. Le vieillissement et la baisse du système immunitaire, sont des facteurs favorisants. Les hommes âgés affectés par les troubles de la prostate sont des sujets à risque ainsi que les femmes affectées par une carence hormonale au cours de la ménopause.

Les différents types d’infections urinaires

On distingue deux principales infections urinaires, à savoir la cystite et l’urétrite. Toutefois, une troisième fait de plus en plus parler d’elle, et s’avère plutôt une complication de la première.

La cystite

Très fréquente chez la femme, la cystite est définie comme étant l’inflammation de la vessie, qui est une sorte de réservoir d’urine. Elle peut être aigüe quand elle survient brutalement ou chronique lorsqu’elle se manifeste pendant une longue période. Lorsqu’elle survient au moins 4 fois au cours de l’année, il s’agit d’une cystite récidivante.

Les signes et les symptômes de la cystite sont dominés par des brûlures lors de la miction, une envie très fréquente d’uriner, des urines troubles et malodorantes. Une sensation de pesanteur pelvienne ou une douleur, peut prévaloir dans la zone basse de l’abdomen.

Plus de détails sur les traitements contre la cystite.

L’urétrite

L’urétrite est une inflammation de l’urètre (qui relie la vessie au méat urinaire et conduit l’urine de la vessie à l’extérieur de l’organisme). Elle plus courante chez l’homme. Elle se manifeste par une douleur assimilable à une sensation de brûlure lors de la miction, par une envie fréquente d’uriner, un écoulement urétral, un picotement urétral, une irritation au niveau du méat urinaire. Elle peut être, également, marquée par des douleurs pendant les rapports sexuels ou lors de l’éjaculation, par un prurit au niveau de la zone du pénis chez l’homme. Les symptômes spécifiques aux femmes sont, les pertes vaginales, les douleurs abdominales et pelviennes. L’urétrite peut être asymptomatique.

La pyélonéphrite

La pyélonéphrite est une infection des reins. Les germes provenant de la vessie remontent l’uretère et le bassinet (une cavité située à l’entrée du rein) avant d’atteindre le rein. Plus fréquente chez la femme enceinte, cette affection est plus grave et constitue, généralement, une complication de la cystite. Elle se manifeste par une fièvre élevée (39-40 °C), des sueurs et des frissons, des mictions fréquentes et douloureuses, une présence de pus au sein de l’urine, des sensations douloureuses lors de la miction.

Les causes

Trouver une solution

Les germes responsables des infections urinaires sont, dans la majorité des cas, des bactéries intestinales de type Escherichia coli qui parviennent à s’infiltrer dans le système urinaire par le biais l’urètre. En se développant, ces bactéries génèrent une inflammation. Les autres bactéries mises en cause, dans une moindre proportion sont : la bactérie Proteus mirabilis, la bactérie Staphylococcus saprophyticus, la bactérie Klebsiella, les entérocoques.

D’autres facteurs peuvent également contribuer à l’apparition d’une infection urinaire, en l’occurrence, la cystite. Ce sont, entre autres, les irradiations à la suite d’une radiothérapie, les sondes urinaires (cathéter), une mauvaise hygiène intime chez la femme, la pénétration vaginale à la suite d’une pénétration anale.

L’urétrite est provoquée par des bactéries telles que le gonocoque ou la bactérie Chlamydia, ces bactéries sont transmises sexuellement. Le virus de l’herpès simplex et le cytomégalovirus constituent de causes virales.

En ce qui concerne la pyélonéphrite, les facteurs de risque sont marqués par les calculs rénaux, la grossesse, l’hypertrophie de la prostate, une tumeur, un affaiblissement du système immunitaire, une constipation prolongée. Certaines pathologies métaboliques telles que le diabète ou la goutte, peuvent également favoriser la survenue d’une pyélonéphrite.

Diagnostic

Le diagnostic d’une infection urinaire se déroule habituellement en plusieurs étapes : les examens cliniques, bactériologiques et complémentaires.

Examens cliniques et bactériologiques

Après un examen clinique qui consiste à interroger le patient relativement aux symptômes qui prévalent et aux antécédents liés à une infection urinaire, une analyse d’urine peut être initiée. Réalisée à l’aide d’une bandelette réactive plongée dans l’urine, cette analyse a pour but, la recherche de nitrites qui témoignent de la présence des bactéries. Un autre examen biologique, notamment, l’examen cytobactériologique des urines (ECBU) peut être également réalisé en vue de confirmer le diagnostic. Effectué dans un laboratoire, cet examen permet d’identifier la bactérie qui est à l’origine de l’infection urinaire. Le cas échéant, cet examen peut être complété par un antibiogramme.

Examens complémentaires

Pas de chancePour affiner le diagnostic, le médecin peut également préconiser un bilan sanguin ou une échographie des voies urinaires, en vue de détecter un obstacle au niveau des voies urinaires avec la présence des calculs rénaux.

D’autres examens complémentaires peuvent être recommandés par le médecin, notamment, des hémocultures dans le but de rechercher une septicémie et de détecter l’agent pathogène, pour mieux adapter le prise en charge médicale. Pour détecter les anomalies au niveau des reins, lorsqu’une pyélonéphrite est soupçonnée, le médecin peut recommander une échographie rénale. Pour une analyse plus fine des voies excrétrices en vue de détecter des lésions parenchymateuses et la présence d’une obstruction, l’uroscanner est un autre examen envisageable.

Traitement médical

Une infection urinaire peut être efficacement traitée par des médicaments. Le recours à la chirurgie est une ultime solution qui permet d’éliminer tous les obstacles dus à aux malformations congénitales (chez les enfants) ou à l’hypertrophie de certains éléments anatomiques (canaux rénaux, prostate).

Traitement médicamenteux

En présence d’une infection urinaire, le traitement médical est dominé par la prescription d’antibiotiques adaptés aux bactéries identifiés par le biais des examens bactériologiques. Le traitement a pour but d’éliminer la cause de l’infection, d’améliorer les symptômes, d’empêcher la propagation de l’infection et d’éviter toute complication. Au cours de ce traitement médicamenteux, le patient devra boire plus d’eau que d’habitude pour favoriser l’élimination des bactéries.

Un antalgique peut être prescrit en vue de soulager les douleurs et la fièvre.

  • Le cas d’une pyélonéphrite

L’hospitalisation est envisagée lorsqu’il s’agit d’une pyélonéphrite compliquée qui nécessite, par ailleurs, une prise en charge médicale d’urgence. Lorsque l’infection au niveau des reins est grave, les antibiotiques peuvent être administrés par le biais d’une injection.

  • Le cas de l’urétrite

Les cas d’urétrite nécessitent un traitement actif sur la chlamydia et, le cas échéant, sur les infections à gonocoque (en présence d’une urétrite sexuellement transmise) par le biais des antibiotiques. Cette prise en charge médicale permet d’éviter les complications et la contamination du partenaire. Pendant le traitement, le patient doit éviter les rapports sexuels ou utiliser les préservatifs. Le ou les partenaires sexuels doivent être également traités.

Plus de détails sur les médicaments contre l’infection urinaire.

Traitement chirurgical

L’option chirurgicale est envisagée pour le cas d’infections urinaires récidivantes, en l’occurrence, les cystites, ou en vue d’éliminer les obstacles à l’écoulement d’urine. Les causes obstructives peuvent être des malformations congénitales chez l’enfant, une hypertrophie de la prostate, des canaux rénaux. Ainsi, une pyélonéphrite obstructive nécessite une intervention chirurgicale.

Mesures préventives

Les mesures préventives des infections urinaires consistent à s’hydrater correctement en buvant beaucoup d’eau fraîche, non gazeuse. L’absorption d’une quantité d’eau supérieure à 1,5 litre, quotidiennement, permet d’uriner fréquemment et contribue, par ailleurs, à l’évacuation des bactéries du système urinaire.

Le fait d’uriner rapidement après chaque rapport sexuel est une autre mesure préventive qui permet de nettoyer l’urètre et d’empêcher la remontée des bactéries vers la vessie.

Le fait de porter des habits (vêtements et sous-vêtements) amples ou larges qui ne limitent pas l’oxygénation de la zone génitale, réduit grandement la prolifération des bactéries. Il est également important d’éviter les savons décapants et tout produit cosmétique agressif.