Sida : quelles sont les dernières avancées contre ce fléau ?

Un long chemin a été parcouru depuis la découverte en 1987 du premier médicament contre le sida, à savoir l’azidothymidine (AZT). Une explosion de progrès a permis de révolutionner la forme du traitement et la prise en charge des malades. Les patients infectés peuvent désormais vivre pendant de très longues années sans développer de symptômes avec des schémas de traitement simples impliquant la prise d’un unique comprimé. Mais que nous réserve l’avenir ? Nous allons dans les lignes qui suivent nous intéresser aux toute dernières avancées en ce qui concerne cette pandémie.

Vers une élimination totale du virus du Sida du corps des patients

Se libérer du sidaL’institut de génétique humaine de Montpellier vient de faire une découverte qui pourrait complètement changer la donne en matière de lutte contre le sida. Jusqu’ici, la maladie était considérée comme incurable, car il était impossible d’éliminer tous les virus du corps des personnes infectées. La trithérapie permettait uniquement de réduire la charge virale. Le virus se cachait à l’intérieur de certaines cellules et il recommençait sa multiplication dès que le traitement était arrêté. Les chercheurs connaissaient l’existence des cellules réservoir, mais personne ne savait comment les repérer et les détruire. La découverte des chercheurs montpelliérains met donc fin à cette situation.

Après de laborieuses investigations, les chercheurs ont réussi à identifier une protéine qu’on retrouve sur la membrane plasmique de toutes les cellules infectées. Trouver les cellules réservoir n’est désormais plus semblable à chercher une aiguille dans une botte de foin. Grâce à cette découverte, il est possible de mettre au point des marqueurs moléculaires et des tests permettant de repérer ces cellules afin de les détruire. Il devient donc théoriquement possible d’éliminer complètement la charge virale et de guérir ainsi les patients. Cette découverte couronne 5 ans de coopération entre l’Université de Montpelier et le CNRS. Les tests cliniques débutés en 2016 ont donné des résultats très encourageants et nombreux sont les malades qui ont montré leur gratitude à cette équipe de chercheurs.

La suite de cette étude devrait déboucher sur le développement de thérapies pour tuer le virus au sein des cellules réservoir. Les chercheurs sont confiants, mais la route est encore longue. Il faut notamment vérifier si la protéine en question est vraiment spécifique au virus du sida. Il faut aussi chercher à comprendre le rôle de ce marqueur. C’est après ces vérifications qu’on pourra vraiment penser au développement d’une thérapie. Il faut néanmoins noter que de nombreuses équipes se sont engouffrés dans la brèche créée parles chercheurs français et que les laboratoires rivalisent en inventivité pour être les premiers à décrocher le saint Graal.

Recherches sur le Sida : sur la voie d’un traitement moins contraignant

Dans les premiers moments de la lutte contre le virus du sida, les traitements étaient très lourds. Ils consistaient à prendre un nombre considérable de comprimés avec des horaires très stricts. Depuis 2007, sont apparus des comprimés uniques combinant 3 principes actifs. Aujourd’hui les chercheurs sont sur la voie d’un traitement mensuel. Les laboratoires Viiv et Johnson & Johnson ont annoncé le 24 juillet 2017 qu’ils étaient en voie de mettre sur le marché un traitement injectable mensuel combinant deux molécules, à savoir la rilpivirine et le cabotegravir.

Au cours d’une étude clinique, les équipes de ces deux firmes pharmaceutiques ont pu démontrer la sûreté et l’efficacité de ce traitement. Selon, les premiers résultats, ce remède pourrait réduire de 87% la charge virale des patients après seulement 3 mois. Si ces résultats sont confirmés, alors il s’agira d’un pas de géant dans la prise en charge des patients séropositifs. En effet, la lourdeur et les effets secondaires des traitements actuels entravent grandement la vie quotidienne des patients qui doivent parfois s’interdire de nombreuses choses. Les fréquents oublis compliquaient grandement la situation. Un traitement à prendre une seule fois par mois pourrait radicalement changer la vie de millions de personnes.

L’espoir d’un vaccin renaît

Dès le déclenchement de l’épidémie, les chercheurs se sont lancés dans la recherche d’un vaccin sans grand succès. Les choses sont peu à peu en train de changer. Lors de l’IAS 2017, deux groupes pharmaceutiques ont présenté deux vaccins en phase de test dont les résultats ont redonné de l’espoir aussi bien aux malades qu’à la communauté scientifique. Le premier, produit par Janssen, a réussi à induire une réponse immunitaire dans un échantillon de 393 patients lors de la phase IIa. Lors des tests sur animaux, il a réussi à bloquer l’infection. La phase IIb, qui débutera en novembre 2017 permettra de vérifier si ce vaccin est capable d’inhiber la transmission du VIH. Les firmes Sanofi et GSK ont, quant à elles, communiqué sur un vaccin qui se trouve en phase III et dont les résultats seront disponibles en 2021.

Des avancées notables en matière de prévention

Combattre le sidaLa prévention a, de tout temps, été un axe majeur dans la recherche sur le sida. Des chercheurs de l’Agence publique française de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) ont confirmé l’efficacité de certains antirétroviraux Prep comme le Truvada dans la prévention de la maladie. Au cours d’une étude qui a impliqué 362 homosexuels, les chercheurs ont découvert que ces molécules pouvaient réduire de 97% le risque de transmission si elles sont prises de façon préventive.

Une autre étude, menée par l’université de Californie, a montré que les autotests étaient la meilleure arme pour accroître le dépistage de la maladie. Dans une étude conduite sur 900 prostituées zambiennes, les chercheurs ont découvert que celles qui avaient reçu des autotests étaient plus enclines  à se faire dépister. Ces tests commercialisés depuis peu permettent à chaque individu de savoir son statut sérologique sans avoir à se référer à un laboratoire ou à un médecin.

 

Il y a trente ans de cela, être diagnostiqué séropositif équivalait à s’entendre prononcer la peine capitale. La recherche médicale a bienheureusement permis des avancées spectaculaires en mettant au point des traitements aussi efficaces que peu contraignants. Les dernières avancées de la recherche donnent un immense espoir quant à la mise au point d’un remède et d’un vaccin. Les nouvelles trouvailles en matière de prévention permettront de donner un sérieux coup de frein à la propagation de la maladie.

Attention, si le sida est la maladie sexuellement transmissible la plus connue, il existe d’autres IST.

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