L’automédication : les 10 commandements

Près de 85 % de français ont recours à l’automédication. Ce chiffre, en hausse constante, s’explique simplement : tous les maux ne nécessitent pas une consultation médicale, et il est plus rapide d’acheter directement ses médicaments chez le pharmacien ou en vente libre sur le Net. Et en effet, dans la plupart des cas, reconnaissons que l’automédication nous rend bien souvent service. Par contre, elle peut se révéler soit inefficace, soit dangereuse si certaines conditions ne sont pas respectées. Aussi, voici quelques conseils incontournables pour vous automédiquez de façon « responsable ».

Définition de l’automédication

L’automédication a longtemps été définie comme étant l’action qui consiste à se procurer des médicaments non remboursables et sans avis médical. Ces médicaments sont, pour une majorité, censés soulager des symptômes courants (douleur, céphalées, maux de gorge, rhume, diarrhée, constipation…). Mais aujourd’hui, et dans la mesure où l’on trouve toutes sortes de médicaments sur le Net, l’automédication désigne tout simplement le fait de s’autoprescrire des médicaments non remboursables.

Gare à l'automédication

Dix conseils pour s’automédiquer correctement

1 – Même pour les maux courants, demandez conseil à votre pharmacien

Si vous vous affranchissez d’une visite chez le médecin, ne négligez pas pour autant les conseils de votre pharmacien. Le pharmacien est un professionnel et, qui plus est, vous connaît. Il ne faut donc pas hésiter à lui poser toutes les questions qui vous viennent à l’esprit.

2 – Ne pas mentir concernant les autres médicaments que vous prenez

Dans le même esprit, et si vous prenez d’autres médicaments, il est impératif de les signaler à votre pharmacien. En effet, de nombreux médicaments interagissent entre eux et peuvent conduire à des effets indésirables plus ou moins graves. Il est donc indispensable d’en parler à votre pharmacien et/ou de lire la notice.

3 – Lire la notice au pied de la lettre

En effet, les notices contiennent toutes les informations que vous n’aurez pas obtenues auprès de votre pharmacien. Le principe actif, les excipients, la posologie, les effets indésirables, les précautions à prendre, les interactions avec d’autres médicaments, les modalités de conservation… Alors, même si vous pensez être sûr de vous, astreignez-vous à lire attentivement la notice.

4 – S’abstenir si vous êtes enceinte ou si vous allaitez (et pour les jeunes enfants)

La plupart des notices mettent en garde les femmes enceintes ou qui allaitent. En effet, les risques chez cette population sont très souvent mal connus (par manque d’études cliniques). Aussi et par mesure de précaution, il est donc fortement conseillé de consulter un médecin, et ce quel que soit le médicament. Il en va de même pour le nourrisson et pour l’enfant en bas âge, pour lesquels beaucoup de médicaments courants sont interdits.

5 – Fixez-vous une durée raisonnable

L’automédication a pour principal objectif de soulager rapidement. Et attention, car il faut garder en mémoire que la plupart des médicaments en vente libre atténuent les symptômes, mais ne traitent pas la cause. Aussi, si au bout de 4 ou 5 jours, si les symptômes persistent ou se sont aggravés, il est impératif de consulter un médecin.

6 – Gardez l’emballage

Tout médicament fait l’objet d’une traçabilité (depuis sa fabrication jusqu’à sa vente). En cas de problèmes sur un lot, la boîte sera votre seule preuve d’achat, car c’est sur la boîte que sont mentionnées les informations nécessaires pour identifier (tracer) le médicament.

7 – Informez-vous sur le rapport bénéfice/risque

L’automédication fait l’objet de nombreuses études et de plus en plus d’organismes se penchent sur l’efficacité des médicaments en vente libre. C’est pourquoi des « listes noires » de médicaments sont aujourd’hui régulièrement publiées. Sur ces listes sont recensés les médicaments courants qui ont été jugés inefficaces (aucun bénéfice), ainsi que ceux qui sont dangereux (les risques sont plus élevés que les bénéfices). Informez-vous.

Médicaments

8 – Évitez l’alcool

Même si nous sommes sensibilisés aux méfaits de l’alcool, on ne le répétera jamais assez. L’alcool peut modifier l’efficacité d’un traitement et augmente le risque d’accident. Quel que soit le médicament, la consommation d’alcool est toujours fortement déconseillée, voire interdite.

9 – Respectez les modalités de conservation et le délai de conservation

L’humidité, la chaleur, l’exposition au soleil… sont autant de paramètres qui influencent également la composition de certains médicaments et donc leur efficacité. Dans la plupart des cas, les médicaments doivent être conservés dans un endroit sec, à l’abri de la lumière et à une température inférieure à 25°C.

De plus, comme pour les aliments, les médicaments ont une date de péremption (mentionnée sur la boîte). N’hésitez pas à la consulter si vous n’avez pas utilisé votre boîte depuis un certain temps. Et n’oubliez pas que lorsque vos médicaments sont périmés, il ne faut pas les jeter mais les rapporter chez votre pharmacien.

10 – L’achat des médicaments sur Internet

Il est aujourd’hui très facile d’acheter toutes sortes de médicaments sur Internet. Mais attention ! Car certains ont profité de « ce marché florissant » pour vendre des médicaments contrefaits qui sont inefficaces ou dangereux. Aussi, avant tout achat sur le Net, il faut vous assurer de la fiabilité de la pharmacie en ligne. En France, par exemple, la plupart des médicaments courants ne nécessitant pas d’ordonnance sont disponibles en ligne. Au niveau européen, il est également possible d’acheter, en ligne, des médicaments soumis à une prescription médicale, même sans ordonnance. Si la vente de ces médicaments n’est pas encore autorisée en France, elle l’est dans de nombreux pays de l’Union européenne. Que ce soit pour des médicaments avec ordonnance ou des médicaments sans ordonnance, il est important de s’assurer que la pharmacie en ligne est agréée par les autorités compétentes du pays et que les médicaments qu’elle distribue sont autorisés par l’AEM (Autorité Européenne du Médicament). Pour mieux vous informer, vous pouvez consulter des sites comme http://leguidelasante.com/.

Que retenir ?

Se passer d’un avis médical peut, pour de nombreux petits maux, s’avérer sans risque et heureusement ! En revanche, il ne faut pas banaliser l’automédication et en faire un réflexe. Une automédication « responsable » implique un comportement « responsable ». Espérons que les conseils que nous vous avons donnés vous aideront en ce sens.